Véronique, 52 ans

Tatouée par Alex Labeguerie / La Dame gantée

Depuis mon tatouage, je revis ! Je ne vois plus ma cicatrice et je m’accepte mieux. Grâce à lui, je suis fière d’être une amazone.

J’avais 48 ans lorsqu’un matin, je me suis réveillée avec le sein gauche qui avait presque doublé de volume. J’avais un peu mal depuis déjà quelques mois, et mon téton me démangeait parfois. Sous la douche, j’ai senti des boules, j’ai donc immédiatement pris rendez-vous chez le médecin. Au départ, on ne savait pas ce que j’avais, on m’a mise sous anti-inflammatoires. Par la suite, on m’a diagnostiqué un cancer inflammatoire invasif de stade 3. J’avais quatre tumeurs, et la plus grosse faisait 4 cm. Après six mois de chimiothérapie, on m’a fait une ablation complète du sein, et s’en est suivie la radiothérapie et un curage axillaire.

 

Avant les opérations, je pensais faire une reconstruction esthétique, mais j’ai changé d’avis. J’avais déjà des tatouages et je connaissais l’association Sœurs d'Encre, donc j’ai rapidement pensé à cette solution. J’ai entendu parler de son partenariat avec la CPAM de Gironde*, et j’ai été la première à bénéficier de ce remboursement du tatouage artistique et réparateur.

 

Ce tatouage fait partie intégrante de ma reconstruction physique et psychologique. Quand on m’a enlevé mon sein, j’ai eu beaucoup de mal à me regarder dans la glace, j’en ai fait un stress post-traumatique. J’ai fait des séances d'EMDR chez une psychologue, puis je me suis fait tatouer, et je vois vraiment la différence d’un point de vue psychologique ! Avant, quand je passais la crème sur la cicatrice, j’avais du mal à me regarder, j’esquivais, je ne voulais pas voir mon image dans le miroir. Maintenant, je peux me regarder dans la glace.

 

Depuis mon tatouage, je revis ! Je ne vois plus ma cicatrice et je m’accepte mieux. Grâce à lui, je suis fière d’être une amazone.


*Partenariat exclusif avec l'association  Sœurs d'Encre pour la prise en charge du tatouage artistique et réparateur, en expérimentation et sous condition de ressources.

Retranscription du témoignage par Mélissa Castillon.