Un tatouage de reconstruction


Annie, 53 ans

“ Je suis fière de moi ! ”

Annie a osé dépasser tous les préjugés pour transformer son corps. Et vivre une aventure humaine, familiale et artistique incomparable !

C’était indispensable que mes ados, Marion et Lilian, soient d’accord pour que je me fasse tatouer. Eric mon mari a toujours eu un regard d’homme amoureux, j’ai été très privilégiée tout au long de ma maladie. J’avais absolument besoin du soutien de ma famille pour me lancer dans ce projet magnifique ! Jamais je n’aurais pris toute seule le chemin d’un tatoueur, et puis je me disais que ce n’était pas de mon âge… Avant de me tatouer, Juliette a passé une journée entière avec nous puis elle m’a écrit un petit mot bouleversant. J’en ai pleuré, je le garderai toute ma vie. Elle m’a donné toute son attention et son talent, je ne la remercierai jamais assez. Je n’imaginais pas que cette relation puisse être aussi fusionnelle.

Réparer enfin les traumatismes

Dix ans après la tumorectomie de mon sein, après la chimio, la perte de mes cheveux (la pire épreuve pour la féminité), la radiothérapie et six années d’hormonothérapie, je pouvais enfin oublier mes complexes et embellir mon image ! Je suis arrivée à la Maison Rose grâce à mon amie Laurence qui, elle, s’est fait tatouer par Alex. Je voulais cacher cicatrices et trous qui abîmaient ma poitrine. J’ai choisi des fleurs de cerisier, symboles de renaissance, emblème chinois de la force. Juliette les a superposées pour donner du volume et supprimer le creux dans mon sein. L’illusion d’optique est parfaite ! Je souhaitais aussi des arabesques qui rappellent mes courbes généreuses.

Moments intenses qui se méritent…

Le motif part de mon épaule et redescend sur la partie opérée. Je ne regarde plus mon sein mais ce tableau, et la maladie est derrière moi. Eric, bien que le tatouage ne fasse pas partie de sa culture, trouve que le mien est très beau. Mes enfants aussi sont convaincus de son effet positif ! J’appréhendais la douleur, j’avoue qu’elle a été vive sur certaines parties. Il y a eu des larmes de souffrance et de bonheur, aujourd’hui ce n’est plus que de la joie.

Juliette, 33 ans

“ La Semaine Rose Tattoo : une expérience fabuleuse !''

Elle exerce chez Fantasy Tattoo, à Langon, dans le même shop que Céline.

Pour Juliette, tatouer à la Maison Rose a été une révélation. J’ai adoré… tout ! Le cadre, le contexte, l’idée, les rencontres. Pour moi, cela a été une évidence de participer, un geste tout à fait normal. Quand on est artiste, on pratique ce métier par passion. On choisit de contribuer au bonheur des gens. Là, dans le cas d’une femme qui a traversé un cancer, mon implication et ma responsabilité en tant que tatoueuse sont encore plus grandes. C’est un rôle très valorisant. Qui plus est, le tatouage que j’ai réalisé était spécial car il s’agissait d’Annie. Le lien créé entre nous est très fort. Ce qu’elle m’a demandé m’a vraiment plu, son tattoo était très réfléchi. J’aime beaucoup les estampes japonaises, travailler des motifs fins, aérés, légers, composer les encres. Ce projet a été merveilleux et j’ai très envie de revivre l’événement.

Un engagement absolu

Je suis devenue tatoueuse il y a dix ans, à l’issue d’un parcours atypique et plutôt chaotique. Auparavant, je travaillais comme architecte dans le génie civil. J’ai toujours aimé l’illustration, la bd, l’écriture. J’allais être maman, et je me trouvais à une période de changement de vie. Le “ hasard ” a voulu que je m’installe à une terrasse de café et que je me mette à dessiner. Le précédent propriétaire de Fantasy Tattoo a remarqué ce que je faisais. Il m’a parlé de son activité et m’a proposé de me former, en faisant confiance intuitivement à ce qu’il avait vu. Après trois mois d’observation auprès de lui, je suis devenue tatoueuse et tatouée en même temps ! Ma première œuvre a été une manchette japonaise réalisée sur un client inoubliable… puisque je l’ai épousé par la suite ! Je suis capable de m’impliquer totalement et je serais prête à le faire pour une Tournée Rose Tattoo dans toute la France s’il l’occasion se présentait !!


Sans la Semaine Rose Tattoo, je n’aurais jamais franchi le pas. Techniquement, médicalement, culturellement, l’idée du tatouage me paraissait infaisable.

La maladie m’a fait traverser un enfer. Ce tatouage montre que je suis bien vivante !! 


 Mes enfants sont épatés et moi aussi : on peut se faire tatouer à tout âge !  

J’aime beaucoup mélanger féminité et force, jouer en douceur sur les contrastes. Je me suis régalée en réalisant le tattoo d’Annie !

En réalisant un tatouage sur une femme qui a surmonté un cancer, on parachève son travail de reconstruction et celui des médecins. C’est très gratifiant.