Chrystèle, 58 ans

Tatouée par Faber Biancaluna lors de Rose Tattoo 2022

J’ai eu une mastectomie en 2018, suivie d’une radiothérapie et d’un traitement hormonal. En 2020, j’ai eu un lipomodelage, et un second en 2021. Mes cicatrices étaient loin d’être jolies, esthétiques. La reconstruction mammaire n’était pas faite pour moi. Je ne voulais pas rester comme ça. Quand je me regardais devant la glace, je pensais tout le temps à la maladie. C’est assez désagréable donc j’ai eu envie d’aller plus loin. 

 

J’avais déjà vu des tatouages post-cancer du sein et je me suis dit que ça m’aiderait à tourner la page. J’avais envie de quelque chose de joli, qui me fasse plaisir, qui soit féminin, car avec le cancer du sein on est aussi atteinte dans sa féminité. Le fait de choisir un tatouage coloré, qui me plait, est aussi une manière de renouer avec ma féminité.

 

Je m’étais préparée à la douleur. Je sais faire de l’auto-hypnose et de la cohérence cardiaque, j’ai pu m’y préparer mentalement. Je savais que j’avais des ressources en cas de nécessité. Je n’étais ni stressée ni inquiète, je savais que j’arriverai à faire face. Après tout, c’est dans mon tempérament d’être une guerrière. 

 

Rose Tattoo est une superbe expérience, avec une bonne ambiance, conviviale et agréable. On a pu échanger entre femmes atteintes par la maladie, parler de nos parcours de vie. J’avais déjà eu plusieurs contacts avec ma tatoueuse donc on se connaissait déjà, ce qui était très bien. Elle a commencé par les zones les moins douloureuses pour aller crescendo, y compris avec la couleur. La dernière demi-heure a été difficile, mais j’ai tenu le coup ! 

 

J’avais déjà vu mon tatouage sur papier mais je suis ravie du résultat. Il correspond à ce que j’attendais. Merci à toute l’équipe d’accompagner les femmes. Je suis médecin donc je connais l’importance de la reconstruction. Pour moi, le tatouage est une reconstruction à part entière. De mon point de vue, ça a la même valeur qu’une reconstruction mammaire.

 


Photographie par Nathalie Kaïd.

Interview et retranscription du témoignage par Mélissa Castillon.