Sophie, 49 ans

Tatouée par Marie Minutiae lors de Rose Tattoo 2022

En 2019, j’ai eu un cancer du sein triple négatif avec une tumorectomie, une chimiothérapie et trente-trois séances de rayons. En 2021, j’ai fait une récidive sur le même sein au même endroit : cette fois-ci, c’était un cancer in-situ. On ne m’a pas fait de traitement mais une mastectomie. J’ai pensé à la reconstruction mais après la récidive je ne voulais plus qu’on me touche, j’ai préféré partir sur une prothèse mammaire externe.

 

J’avais envie de cacher le sein manquant et de recouvrir mes cicatrices.  Quand j’étais suivie à Bergonié, j’ai vu des expositions de femmes tatouées après un cancer du sein. En en parlant autour de moi, on m’a conseillé d’aller voir le travail de l’association Sœurs d'Encre. J’ai envoyé ma candidature pour participer à Rose Tattoo et elle a été retenue !

 

La journée a été inoubliable ! Épuisante, éprouvante, mais inoubliable ! J’avais un peu peur de la douleur, mais après avoir passé autant d’épreuves c’est largement supportable, d’autant plus que c’est pour la bonne cause. En prenant conscience que la cicatrice est derrière mon tatouage, je n’ai plus ce « vide ».

 

Comme je ne veux pas faire de reconstruction, le tatouage est comme un livre : il permet de tourner la page et de passer à autre chose. J’avais envie que celui-ci soit visible pour interpeller les gens, qu’ils prennent conscience de ce qu’est un cancer et de ce à quoi il peut mener. C’est un peu ma manière de sensibiliser autrui.  

 


Photographie par Nathalie Kaïd.

Interview et retranscription du témoignage par Mélissa Castillon.